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La Seine et ses paysages fluviaux

publié le 13 novembre 2014 (modifié le 1er décembre 2015)

"La vallée de la Seine est un atout extraordinaire de notre paysage du département. Elle a généré toute une vie étonnamment complexe et très imbriquée, avec des paysages exceptionnels : les boucles, les coteaux, les îles... Il y a un grand attachement des gens à la diversité des paysages de la Seine "

Yves PÉRILLON

"On a à la fois une vallée urbaine, marquée par des villes, et en même temps, une vallée très marquée par la présence de la nature, de l'agriculture, de la forêt. Il y a presque une intimité mêlée d'éléments urbains forts, parfois un peu rudes, du point de vue du paysage, et un lien très intime avec les espaces agricoles. On sort très vite de ces noyaux urbains pour être plongés dans la nature, l'agriculture... Une nature maltraitée, ou mise en valeur, on pourra y revenir. Mais c'est une réalité du territoire. "

Jean-Christophe RIGAL

"La vallée de la Seine m'émeut un peu, mais elle ne me touche pas vue de loin. Quand je monte du côté de Flins, ça ne m'amuse pas de voir la vallée telle qu'elle est. Mais dans ses détails, les micro-paysages sont splendides. "

Jean-Marie TÉTART
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© 2014 Agence B. Folléa - C. Gautier paysagistes urbanistes / DRIEE-IF / Conseil Général des Yvelines

La large vallée de la Seine, qui serpente dans la direction armoricaine SE/NW au nord du département

La Seine, qui passe au nord du département, compose une ample vallée, de deux à neuf kilomètres de large selon les secteurs. Elle prend globalement la direction armoricaine sud-est/nord-ouest mais les paysages sont largement complexifiés et enrichis par le jeu des boucles successives qu’elle trace dans son couloir. La sinuosité du parcours est favorisée par la faible pente en long : dans cette traversée, le fleuve descend de 13 m (25 m au bief de Chatou, 12 m au bief de Méricourt), soit une pente de 0,13 mm/m. Au final, il prend son temps, serpentant paresseusement sur près de 100 km de long pour parcourir une distance à vol d’oiseau de 50 km seulement.

Les boucles et courbes successives composent des paysages contrastés d’une rive à l’autre : la rive convexe est en pente douce, tandis que la rive concave, opposée, présente de hauts coteaux calcaires, raides, par endroits des falaises, dominant de 60 à plus de 100 m les eaux du fleuve, voire de plus de 150m avec la butte de l’Hautil dominant Meulan. La diversité et la complexité des paysages du fleuve est liée à l’imbrication de ces rives tour à tour aplanies et raides. La coexistence de milieux humides et de coteaux calcaires et crayeux secs favorisent la variété des milieux et la biodiversité, mais aussi des formes de cultures (prairies, forêts, cultures comme à Bouafle ou Ecquevilly), l’ensemble contribuant à la variété des paysages fluviaux.

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© 2014 Agence B. Folléa - C. Gautier paysagistes urbanistes / DRIEE-IF / Conseil Général des Yvelines

La Seine à Conflans-Sainte-Honorine

La Seine a offert des conditions très favorables à l’installation et au développement des activités humaines : une pente faible, un débit régulier, une profondeur d’eau satisfaisante, une convergence d’affluents également utilisables et navigables, l’Oise en particulier, qui conflue à proximité de Conflans-Sainte-Honorine la bien nommée. Elle a fait l’objet d’aménagements lourds à partir du XIXe siècle pour favoriser la navigation, jusqu’à en faire une voie d’eau à grand gabarit, permettant aujourd’hui le passage de convois de 10 000 tonnes.

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© 2014 Agence B. Folléa - C. Gautier paysagistes urbanistes / DRIEE-IF / Conseil Général des Yvelines

L’usine Renault de Flins, en bord de Seine

Cette artificialisation du cours d’eau, régulé par les barrages et canalisé, s’est accompagnée du passage de grosses infrastructures ferroviaires, l’ensemble favorisant la croissance des activités industrielles et de l’urbanisation à partir de la fin du XIXe siècle. Le passage de l’autoroute A13 et la bonne desserte ferroviaire ont plus récemment favorisé cette croissance de l’urbanisation, y compris sous forme de grands ensembles, faisant au final de la vallée de la Seine un vaste couloir d’urbanisation tirant Paris vers l’ouest.

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© 2014 Agence B. Folléa - C. Gautier paysagistes urbanistes / DRIEE-IF / Conseil Général des Yvelines

Souvent cachés, les vastes plans d’eau issus des carrières de graves et de sable ont été fréquemment réhabilités en bases de loisirs. Ici celle des « Boucles de Seine Moisson-Mousseaux », à l’aval du département.

Les grandes carrières de sables et de graviers ont à leur tour consommé de très vastes surfaces, multipliant les plans d’eau au détriment des espaces agricoles. Dans ces conditions, le fleuve a eu tendance à disparaître du paysage, visuellement mais aussi par les usages. Certaines carrières ont certes été réhabilitées en bases de loisirs : celle de Moisson-Mousseaux, mais aussi l’étang de la Galliote à Carrières-sous-Poissy, l’étang du Rouillard à Verneuil-sur-Seine, le port de l’Ilon à Guernes. Mais le fil du fleuve lui-même et ses rives, les promenades, le canotage, les guinguettes et les fêtes, ne sont devenus que des souvenirs, immortalisés par les Impressionnistes.

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© 2014 Agence B. Folléa - C. Gautier paysagistes urbanistes / DRIEE-IF / Conseil Général des Yvelines

La Seine et ses surprenants paysages de nature, même en plein secteur urbanisé. Ici entre le Port-Marly et Croissy-sur-Seine, avec l’île de la Loge.

Délaissée pour les transports, la Seine offre aujourd’hui des ambiances pittoresques, intimes et calmes qui tranchent remarquablement avec le contexte plus large de la vallée, marqué par l’urbanisation et le passage des infrastructures. Cette Seine secrète est largement liée à la présence des îles, qui enrichissent les perceptions, complexifient la géographie, et créent des paysages confidentiels en coulisses dans les petits bras, aux côtés des larges et lumineuses ouvertures offertes par les bras principaux. Il reste 24 îles ou trains d’îles (îles raboutées les unes aux autres) dans le département. On comptait près de 100 îles ou îlots au XVIIIe siècle d’après la carte de Cassini.

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© 2014 Agence B. Folléa - C. Gautier paysagistes urbanistes / DRIEE-IF / Conseil Général des Yvelines

Les bords de Seine aménagés pour le public aux Mureaux.

Des dispositions récentes visent à renouer la vie quotidienne des habitants avec le fleuve, par des aménagements de berges, de circulations douces, de parcs, de sites naturels. A ces dispositions d’aménagement se joignent désormais des projets de manifestations culturelles, touristiques ou festives, comme en témoigne par exemple le Plan Yvelines Seine lancé en 2012 par le Conseil Général.